ANgrywOmeNYMOUS


lundi 13 mai 2013

Femen contre extrême droite

Les Femen s'affichent contre l'extrême droite à Paris

(Mis à jour: )
Manifestation des Femen dimanche alors que des groupes d'extrême droite se réunissent autour de la statue de Jeanne d'Arc sur la place des Pyramides à Paris.
Manifestation des Femen dimanche alors que des groupes d'extrême droite se réunissent autour de la statue de Jeanne d'Arc sur la place des Pyramides à Paris. (PHOTO MIGUEL MEDINA. AFP)

Quatre militantes du groupe féministe des Femen ont fait une apparition torse nu sur un balcon surplombant une manifestation de groupes d’extrême droite en hommage à Jeanne d’Arc dimanche à la mi-journée, selon plusieurs journalistes de l’AFP sur place.
Plusieurs cortèges distincts s’étaient succédé en fin de matinée place des Pyramides, où se trouve la statue équestre de la Pucelle en bronze doré: Celui des Jeunesses nationalistes, environ une centaine de personnes, a précédé une centaine de royalistes de l’Action française et une cinquantaine de militants du Renouveau français.
C’est alors que ce dernier cortège s’apprêtait à se disperser dans les rues adjacentes, et que la police contenait un 4ème cortège prêt à déboucher sur la place, celui de l’Union sacrée des patriotes, que les Femen sont apparues au 4ème étage d’un immeuble haussmannien au-dessus de la place.
Des Femen le 12 mai sur un balcon surplombant la statue de Jeanne d'Arc.
Photo Miguel Medina / AFP
Le néologisme «sextermination» inscrit au feutre sur leurs bustes nus, elles ont déployé une grande banderole rouge sur laquelle était écrit «sextermination for nazis» et «neofeminism is watching you» (le néoféminisme vous regarde), avec un dessin représentant des femmes torse nu brandissant le poing.
Elles ont brandi quelques fumigènes allumés, sous les huées et les insultes de plusieurs centaines de militants d’extrême droite regroupés sur la place: «Femen au bûcher» ou «Femen salopes» puis «Police complice» lorsqu’un cordon de CRS s’est rapidement mis en place au pied de l’immeuble pour en barrer les accès aux militants.
Après avoir passé près d’une demi-heure au balcon, elles ont été évacuées une par une via la grande échelle d’un camion de pompiers arrivé sur place.
Sur Libération.fr

mercredi 8 mai 2013

Les trois jeunes femmes de Cleveland séquestrées, torturées et violées pendant 10 ans par trois hommes : un fait divers ?

Les trois jeunes femmes de Cleveland séquestrées, torturées et violées pendant 10 ans par trois hommes : un fait divers ?

Dre Muriel Salmona,
Présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie
le 8 mai 2013,
Nous sommes sous le choc de cette information qui est tombée le 7 mai 2013 concernant trois jeunes femmes de Cleveland aux USA disparues depuis 10 ans qui venaient d’être retrouvées, l’une d’entre elle ayant en l’absence de leurs bourreaux (les trois frères Castro) réussi à alerter un voisin en cherchant à s’évader.

Mais nous avons aussitôt assisté à tout un discours de minimisation et de négation de la réalité particulièrement intolérable avec l’habituelle incapacité de nombreux journalistes et spécialistes de nommer précisément les violences, de parler de leurs conséquences psychotraumatiques, et de les replacer dans un cadre plus politique de violences et de crimes sexistes commis par des hommes envers des femmes. Les mots crimes, viols, sévices, tortures, actes de barbarie ne sont que trop rarement entendus, les journalistes ne parlant surtout que d’enlèvement, de séquestrations, de calvaire, et même de syndrome de stockholm… 

On a également entendu qu’elles « allaient assez bien» «qu’elles parlaient normalement » !… « Qu’il fallait maintenant qu’elles se réadaptent à la vie normale ». Qui peut humainement croire que l’on peut aller « assez bien » après 10 ans de séquestration et les pires violences qu’il soit, après 10 ans  de terreur et de peur de mourir permanente ? Que la souffrance psychique ne soit pas forcément visible, que les victimes soient complètement déconnectées et anesthésiée émotionellement (dissociés) pour survivre et que ce soit un indice de gravité de leurs traumas qui pourront être des bombes à retardement, et de l’intensité de leurs souffrances ne vient à l’idée de personne et de presque aucun spécialiste.

Pour la seule raison qu’elles étaient des femmes : des adolescentes de 14 et 16 ans  (Gina DeJesus et Amanda Berry) et une toute jeune femme de 21ans (Michelle Knight) ont été kidnappées dans la rue, en sortant de l’école, en quittant leur travail et séquestrées pendant 9, 10 et 11 ans pour être privées de toute liberté et de tous leurs droits, terrorisées, violées tout au long de ces années avec la naissance d’un enfant,de ces viols, une petite fille de 6 ans, et d’autres grossesses qui auraient été interrompues par des coups (5 d’après la chaîne américaine NBC ), subissant une torture continue, les pires sévices, les pires atteintes à leur dignité et à leurs intégrité physique et psychique, esclavagisées, transformées en objet sexuel, soumises aux scénarios pervers et à la loi délirante de trois hommes dans une maison qui n’était pas isolée, avec de nombreux voisins autour, dans un quartier populaire, sans que qui que ce soit ne se rende compte de rien… On apprend que des voisins auraient entendu des bruits de choc contre des portes, vu des jeunes femmes à quatre pattes tenues en laisse dans le jardin ?!!!…

Est-ce seulement un fait divers criminel, un crime contre l’humanité de ces jeunes femmes ou bien un crime contre l’humanité, un féminicide qui nous concerne toutes et tous ?

Il ne s’agit pas d’un fait divers, mais d’un fait de société, un fait politique qui illustre la condition des femmes, la domination masculine et la haine sexiste qui peuvent à tout moment se déverser sur elles. Et est tout à fait symptomatique de cette société qui ne veut absolument pas savoir ce qui peut se passer chez leur voisin, leurs amis, leurs proches, leur famille, dans le cadre de leur travail, des activités sportives, des institutions scolaires, des établissements de soin, etc., etc. Que les pires maltraitances, les pires crimes sexuels s’y passent en toute impunité, faut-il le rappeler les études de victimation font état d’au moins 190 000 viols par an en France (en comptant en plus des femmes adultes : 75 0000, les mineurs qui représentent au moins 60% des viols et les hommes, cf chiffres) commis dans 80% des cas par des personnes connues de la victime, seulement 8 % feront l’objet de plainte et 1,5 à 2 % de condamnation : le crime parfait qui assure une impunité quasi totale. Si l’on veut commettre des crimes, des atrocités, des tortures, les violences sexuelles sont ce qu’il y a de mieux pour le faire sans risque, à répétition, dans l’indifférence générale. Ces crimes ne seront pas connus et les victimes ni entendues, ni protégées, ni soignées, et même s’ils sont dénoncées, la grande majorité des victimes ne seront pas crues, traitées de menteuses, ou bien on considèrera qu’il s’agit en fait de sexualité et que la victime était consentante (dans une confusion atroce entre violences et sexualité, avec une vision pornographique de la femme qui aime - la s… - subir les pires violences et sévices sexuels), ou bien que la victime est coupable de s’être exposée, de ne s’être pas assez protégée, pas assez défendue, pas n’avoir parlé assez tôt. On considèrera que ce n’est que parole contre parole, « alors comment faire pour avoir des preuves ?», tout en ne les cherchant pas du côté de l’agresseur et en faisant une enquête à charge du côté de la victime, on déqualifiera plus de la moitié des viols en agression sexuelle dans un déni de réalité effrayant. Les victimes qui auront osé porter plainte seront maltraitées et non protégées tout au long de leurs parcours judiciaire, dans une indifférence et un manque d’empathie étonnants. Les agresseurs ne seront dans leur grande majorité ni inculpés, ni condamnés. Leur intentionnalité et leur logique de prédation et de préméditation ne seront pas recherchées, ni dénoncées, ni reconnues. Qui aura peur pour les prochaines victimes ?

Dans quel monde vit-on ? Comment vivre dans un monde qui tolère la perpétration de ces crimes sexistes sans y réagir ? 

Un monde où être née femme scelle votre destin et fait de vous une proie potentielle où que vous soyez, quelle que soit votre histoire, vos croyances, vos engagements, votre milieu d’origine, votre statut social, vos études, votre travail, votre personnalité, votre âge, votre aspect physique, etc… Destin effarant d’être un jour ou l’autre une proie, sous couvert de sexe, pour un homme ou un groupe d’hommes, et d’être injuriée, agressée, violée, torturée et tuée… d’être condamnée à vivre dans un monde de non-droits, un monde où le féminicide est omniprésent. 

Comment vivre dans un monde ou tout est banalisé, retourné. Les pires crimes ne sont pas nommés. La réalité des tortures qu’ont vécu les victimes n’est pas reconnue. L’impact et les conséquences psychotraumatiques de ces violences sont minimisés, méconnus voir même niés. Et ils ne font quasiment jamais l’objet de diagnostic, de prise en charge et de soin, alors que ces violences sont celles qui sont les plus psychoytraumatogènes et qu’elles entraînent de graves atteintes psychologiques et physiques, alors qu’il est reconnu que ces violences si elles ne sont pas prises en charge sont un des déterminant principal de la santé même des dizaines d’années après (en sachant que les traumatismes sont d'autant plus graves que la victime est plus jeune, les enfant même très petits seront gravement impactés par les violences qu'ils subissent ou dont elles sont témoins). Et - scandale de santé public sans nom - en France (et dans de très nombreux pays) les médecins (qu’ils soient généralistes ou spécialistes) ne sont toujours pas formés en psychotraumatologie et en victimologie, que ce soit en formation initiale ou continue !!!!!… Les médecins ne connaissent pas la réalité des violences subies par beaucoup de leurs patients et surtout patientes, ni les troubles psychotraumatiques, la sidération (la paralysie psychique et motrice au moment des violences) qui va être à l'origine d'un stress dépassé et d'un risque vital (cardio-vascuaire et neurologique avec des atteintes neuronales et des circuits neurologiques), ni les mécanismes de survie neuro-biologiques face au stress extrême (disjonction avec la production de drogues endogènes morphine et kétamine-like) qui entraînent une dissociation (avec une anesthésie émotionnelle et un sentiment d’étrangeté et de dépersonnalisation) et l’installation d’une mémoire traumatique (mémoire émotionnelle et sensorielle piégée qui n’a pas pu être traitée et intégrée par le cerveau et qui va revenir hanter la victime en lui faisant revivre à l’identique ce qu’elle a vécu, ressenti, entendu par des flash-backs, des réminiscences, des hallucinations sensorielles, des cauchemars, au moindre lien qui rappelle les violences), ils n’en  connaissent pas  les conséquences graves sur la santé qu’elle soit physique et mentale, et sur la vie quotidienne des victimes et le risque suicidaire, le risque de conduites à risque et addictives, le risque d’accidents, d’échecs scolaires, professionnels, dans sa vie affective, le risque de marginalisation et d’exclusion, le risque prostitutionnel. Ils sont donc dans leur immense majorité incapables de repérer les violences subies par leurs patientes et leurs conséquences, de les protéger, de proposer des soins adaptées, hors les troubles psychotraumatiques se traitent et on peut déminer la mémoire traumatique, décoloniser les victimes des violences et des mises en scène des agresseurs, et éviter ainsi de grandes souffrances et de très nombreuses conséquences.

Les victimes de viols, de violences sexuelles et de maltraitances sont donc laissées sans soin, sans information : il n’y a quasiment pas de centres de soins spécifiques pour elles, ni de médecins formés ! Il s’agit d’une grave atteinte à leurs droits et une perte de chance pour leur santé ainsi qu’une non-assistance à personne en danger !

Il y a URGENCE alors que les connaissances internationales sur les troubles psychotraumatiques sont bien répertoriées depuis les années 1980 (définition de l’état de stress post-traumatique) ! Que l’on sait que ce sont des conséquences normales que toute victime peut présenter, dues non à la victime mais à la gravité de ce qu’elle a subi et à l’intentionnalité de la détruire de l’agresseur ou des agresseurs. Que les connaissances sur les conséquences sur la santé ont fait l’objet de grandes quantité de publications internationales et que l’on sait qu’avoir subi des violences particulièrement dans l’enfance est un des déterminants principal de la santé de nombreuses années après (cf Felitti et Anda, 2010 : avec des risques non seulement d’atteintes psychologiques, mais également neurologiques, des atteintes cardio-vasculaires, pulmonaires, endocriniennes, immunologiques, digestives, gynécologiques, dermatologiques, etc.). Que l’OMS a reconnu depuis 2010 qu’avoir subi des violences faites aux femmes est un des déterminant principal de leur santé. Que les mécanismes psychologiques et neuro-biologiques en cause et leurs traitements sont de mieux en mieux connus, que ce sont des conséquences logiques d’actes criminels perpétrés dans le but de générer le maximum de souffrance chez les victimes, et d’organiser délibérément chez elles un traumatisme qui sera utile à l’agresseur comme une drogue pour s’anesthésier et mettre en place sa domination.

Qui se préoccupe réellement de ce qu’ont vécu les victimes de violences sexuelles et de sévices physiques ? Qui se préoccupe de ce qu’elles vivent au quotidien, de l’enfer que sont les troubles psychotraumatiques avec une mémoire traumatique qui leur fait revivre continuellement les pires moment, les pires sentiments de terreur et de détresse, les pires douleurs, les pires atteintes à leur dignité ? On les abandonne, sans rien reconnaître de ce qu’elles ont subi, sans remettre le monde à l’endroit, sans les aider à se décoloniser de toute cette violence qui les hante et les torture encore et encore, de toutes les phrases assassines et les scénarios pervers des agresseurs qui organisent chez elles un sentiment de culpabilité et de honte, et une estime de soi catastrophique, sentiments crées de toute pièce et relayés par un entourage contaminé par tous les stéréotypes les plus aberrants. Elles se retrouvent seules, sommées de prendre sur elles, de faire comme si, «de tourner la page», de ne pas se victimiser, à devoir survivre à des souffrances que personne ne pourrait supporter, à des attaques incessantes sur elles, leur incapacité à avancer, à ne pas se plaindre. Dans un retournement pervers particulièrement cruel on les accuse d’être les propres responsables de leurs tourments, de leurs propres destructions, ou bien on les considère comme folles (les troubles psychotraumatiques étant pris pour des symptômes psychotiques par méconnaissance). Quoi de plus horrible à vivre ?… Elles se retrouvent à devoir mettre en place des stratégies de survie pour quand même tenir coûte que coûte faites de conduites d’évitement, de contrôle et de conduites anesthésiantes . Mais ces stratégies hyper coûteuses et invalidantes pour elles, leur seront aussi continuellement reprochées et seront utilisées souvent pour disqualifier leurs paroles. Et le peu de traitement qu’on leur propose est uniquement symptomatique, non rapporté et centré sur les violences subies, et le plus souvent dissociant et anesthésiant, voire violent (camisole chimique, enfermement, contention, électrochocs,…).

Qui se préoccupe de tout ces enfants, de toutes ces adolescentes, de toutes ces femmes qui actuellement qui sont à l’heure actuelle séquestrées par des criminels qui peuvent être leurs proches pour subir des tortures et des leurs parents, leurs conjoints viols à répétitions, qui se préoccupe vraiment de toutes ces femmes qui disparaissent, de toutes ces prostituées qui disparaissent. Combien sont-elles ces victimes qui sont rendues invisibles, qui sont baillonnées, menacées ? Combien sont-ils ces bourreaux qui peuvent commettre les pires crimes en toute impunité ? Elles peuvent être nos voisines. Ils peuvent être nos voisins si serviables, si sympathiques… Ils peuvent être ces personnes importantes, élus, médecins, universitaires, hauts fonctionnaires, personnes du monde du cinéma, des médias que tout le monde ou presque admire…

Il est temps d’ouvrir les yeux, de ne plus tolérer cette violence faite aux femmes et l’impunité dont bénéficie les agresseurs. Il est temps que les victimes soient enfin réellement secourues, protégées, soutenues. Il est temps d’être solidaire des victimes, de s’indigner de ce qu’elles ont subi et de dénoncer les coupables. Il est temps de leur redonner la dignité et la valeur que leur a déniées l’agresseur et ses complices. Il est de temps de leur rendre enfin justice, de leur donner des réparations à hauteur de ce qu’elles ont subi et de les soigner.

Pour cela, il faut agir, dénoncer, demander des compte, exiger, se révolter… 

MOBILISONS-NOUS ! Signez massivement le manifeste Violences et soins.

Exigeons une vraie information sur la réalité de ces violences, la mise en place d’une formation des professionnels de la santé et de tous les professionnels qui prennent en charge et accompagnent les victimes, l’ouverture de centre de crise et de soins pour les victimes de violences, et une justice digne de ce nom.


Dre Muriel Salmona
psychiatre
présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie
 

mardi 7 mai 2013

Encore une ministresse victime d'insultes racistes (ultraracistes même) !

« Oui, il y a inégalité des races, comme il y a inégalité des civilisations, je persiste et signe [...]. Sans inégalité, la France ne serait pas la France. »
Jean-Marie Le Pen, 12 octobre 1996
Le Lab d’Europe 1 a annoncé que des militants contre le mariage pour tous ont fait circuler une image présentant Christiane Taubira, Garde des Sceaux, en singe géant.
On ne sera pas étonné d’apprendre que ces militants récusent bien entendu tout racisme mais plaident au contraire l’humour potache et le second degré…
Comment pourrait-on en douter ?
Il serait évidemment inconcevable d’associer les noirs aux singes. Pensez-donc ! Vite une manif monstre contre le monstre ! Marianne la blonde épilée contre King Kong la noire poilue… Selon ces énergumènes qui décidément repoussent les limites du foutage de gueule, il serait même raciste de le leur faire remarquer !… Tiens donc…

Piqué sur le blog de Gabale

dimanche 5 mai 2013

Ministresse et victime d'insultes racistes...

Ministre noire et déjà victime d'insultes racistes...

C'était prévisible, mais.... Scènes de racisme (pas) ordinaire pour la première sortie publique de Cécile Kyenge de la 1ère noire Ministre dans un gouvernement italien.

On croit rêver à entendre des propos aussi surréalistes «venant de parlementaires supposés incarner les valeurs que le pays prétend défendre», écrit La Repubblica. En effet, Les parlementaires italiens (certains) ont sorti l'artillerie lourde: Singe congolais, Négresse, Ministre bonga-bonga ...
Elle tiendra le coup. Un arbre foudroyé n'a plus peur du ciel qui s’assombritC'est du Nzété ébétela Nkaké, un truc congolais que les italiens vont vite découvrir.

Cécile Kyenge, avanti!
Image1: Slate.Afrique
 

dimanche 21 avril 2013

Femen: des seins qui pointent... mon Dieu, quelle horreur!

jean-francois-mauger

Briseur de lignes droites


Femen: des seins qui pointent... l'horreur!


  TARTUFFE: «Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées.»
DORINE: «Vous êtes donc bien tendre à la tentation, et la chair sur vos sens fait grande impression! Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte. Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, et je vous verrais nu du haut jusques en bas, que toute votre peau ne me tenterait pas.»
Molière
C'est donc du point de vue de Dorine plutôt que de celui de Tartuffe que part ma modeste réflexion sur le piètre article de Mona Chollet, Femen partout, féminisme nulle part, paru le 12 mars 2013 dans Le Monde diplomatique et qui se répand comme une trainée de poudre à travers de nombreux médias traditionnels et sociaux.
Non pas que les problèmes relevés par les détracteurs des Femen ne soient pas pertinents, mais c'est que, alignés les uns à la suite des autres sans aucune pensée critique ou objectivité journalistique de la part de l'auteure, cet article est entièrement à charge contre les Femen, jugées coupables de tout d'un bout à l'autre. Pour Mme Chollet, ce mouvement Femen ne serait qu'une ombre portée sur ces «femmes habillées» qui luttent pour leurs droits, un spectacle quasiment dégoûtant qui se conformerait et valoriserait les «critères dominants de jeunesse, de minceur, de beauté et de fermeté» et qui s'inclinerait devant la domination masculine à travers un discours creux, voire désastreux car antiféministe. Sans trop la paraphraser, les militantes Femen ne sont que des bimbos minces et blondes, commercialisables, surtout très «sottes», qui «soupirent» lorsqu'on leur demande d'écrire un véritable discours! C'est rare de lire un texte aussi méprisant. Mme Cholet semble avoir trouvé un coupable au peu d'engouement populaire actuel pour le féminisme et à la situation catastrophique des femmes dans le monde: les Femen!
Comme le pense une autre journaliste, Martine Gozlan, la vive réaction contre les Femen n'est pas uniquement une histoire de gens peu éduqués: les gestes des Femen ont eu le génie de «débusquer les blocages terribles des conservateurs comme de ceux qui se disent émancipés», même parmi les féministes. Que reste-t-il de la révolution sexuelle et du formidable essor du féminisme en occident dans les années 60-70? Peu ou pas grand chose lorsqu'on regarde d'assez près la condition actuelle des femmes dans le monde!
Tartuffe contre Dorine, deux compréhensions du mouvement Femen qui s'opposent
La première consiste à voir à travers ces seins nus un symbole de la féminité, mais surtout reliée à la marchandisation de la nudité féminine, au marché de la pornographie, à une image servile, dégradante et réductrice de la femme. Qu'on le veuille ou non, cette perception, même si elle est partagée par les femmes, n'en est pas moins une vision limitée résultant de la domination masculine... qu'une femme, qu'une poitrine de femme ne peut être autre chose qu'une matière commercialisable pour homme libidineux, qu'un homme, comme une femme, ne peut y voir que cela. Certes, c'est la vision que la plupart des médias partagent ou entretiennent et une technique de communication qu'ils utilisent sciemment pour attirer l'œil de votre pervers de mari mesdames, mais devons-nous pour autant, afin de lutter contre cela, comme Tartuffe, cacher ces seins qu'ils ne sauraient voir?
La seconde consiste à voir à travers l'image de ces seins le symbole de la féminité, mais cette fois-ci en tant que symbole de l'émancipation du corps des femmes, de leur droit d'en disposer à leur guise, sexuellement aussi, sans que cela soit dicté par un homme, ou en s'en servant comme étendard pour y inscrire leurs revendications! Il y a beaucoup de pudibonderie et d'hypocrisie autour de la dénonciation de cette nudité... Voir des seins de femme, trop souvent molestés par les opposants à ce mouvement, sur lesquelles est écrit «Non à l'esclavage des femmes!»: ça excite qui au juste mis à par les cochons impénitents et ça énerve qui mis à part les religieux et les pudibonds? Posons-nous personnellement la question avant de nous demander ce que notre pervers de voisin en penserait, émancipons-nous aussi de ce regard... Comme Dorine, je ne pense pas que nous sommes tous prompts à la convoitise sexuelle et n'en déplaise à Mme Chollet, ceci est une vision féministe... En d'autres termes, tous les hommes ne sont pas sexistes et toutes les femmes, consciemment ou non, ne sont pas exemptes de ce genre de regard et d'attitude envers les autres femmes qui sont regardées par les hommes...
Un féminisme radical et transgressif
Contrairement à ce que laisse penser Mme Chollet qui se permet de juger ce qui fait partie ou non du féminisme, ce dernier n'est pas un bloc monolithique qui détiendrait un large consensus de la part des femmes. Les Femen en sont une version radicale compte tenu de l'urgence de la situation et, au grand regret de Mme Chollet, si elles ne sont pas des «Grandes femmes de plumes», elles sont des femmes d'actions qui, je la rassure, savent lire, réfléchir et même écrire, ce qu'elle aurait pu savoir en faisant correctement son travail de journaliste au lieu d'écrire un paragraphe entier sur leur supposé illettrisme - voir Femen, le livre.

Au commencement, en 2008, les Femen dénonçaient la prostitution forcée, violente, massive et mafieuse qui s'opérait dans leur pays, l'Ukraine. Leurs premiers objectifs étaient donc de promouvoir les droits des femmes et d'alerter la population à chaque fois que ceux-ci étaient bafoués. Très vite ce mouvement a dépassé les frontières de l'Ukraine et les Femen luttent maintenant aussi pour d'autres causes en faveur de la démocratie et des droits humains (notamment pour la liberté de la presse et contre la corruption, la pauvreté, la violence conjugale ou encore des formes de discriminations telles que le sexisme, le racisme ou l'homophobie), mais, surtout, elle remettent en cause la place des religions dans nos sociétés, qui véhiculent et institutionnalisent ouvertement des valeurs misogynes et certains comportements qui peuvent s'avérer être mortels pour les femmes. Outre le fait d'exposer leurs slogans sur leurs seins nus, elles brulent des drapeaux islamiques, tronçonnent des croix chrétiennes en bois - symbole selon elles de l'oppression millénaire de l'église catholique sur les femmes -ou encore habillées en nonnes, elles aspergent les extrémistes catholiques de liquide blanc à l'aide de contenants sur lesquels est écrit «sperme». Radicales et transgressives, elles sont prêtes à tout sauf à la violence sur autrui car leur consigne est «de ne jamais rendre un coup»! Elles s'en prennent aux symboles religieux ou machistes à la différence de leurs adversaires qui portent directement atteinte à leur intégrité physique.
Toute la philosophie d'action des Femen se résume et se justifie à travers ces quelques mots: la nécessité fait loi - ou encore, la fin justifie les moyens - un besoin extrême peut justifier le fait qu'on passe outre les obligations conventionnelles, les lois, généralement établies par les hommes et, a fortiori, les religieux. La condition des femmes dans le monde est à ce point désastreuse qu'il n'est plus question pour elles que la voix des femmes soit muselée, si peu entendue ou si peu prise en compte. Certes, les réalités sont multiples dans nos sociétés, mais il y en a une qui est particulièrement écrasante: la domination des institutions gouvernementales et religieuses, des médias et des grandes entreprises par les hommes. Bref, tout ce qui nourrit et influence essentiellement les valeurs de nos sociétés... Les Femen utilisent bel et bien les médias pour exister dans ce monde tel qu'il est, à défaut d'être simplement oubliées, écartées des débats, dans le seul et unique but de parler au nom de celles que la mise au silence tue chaque jour. Nous serons quasiment tous d'accord pour dire que sans l'exposition de leurs poitrines aux médias, leur mouvement n'aurait pas la force qu'il a aujourd'hui. La faute à qui?
Une paire de seins comme symbole et moyen de communication: une nudité problématique, mais pas ambigüe
Cela ne trompe personne, les Femen utilisent sciemment leur nudité pour faite entendre leur cri païen. On pourrait alors leur reprocher d'utiliser le pouvoir traditionnellement associé à leur sexe - celui de manipuler les hommes, comme les médias dont ces derniers sont les principaux propriétaires, à travers leurs seuls attributs sexuels - plutôt que de chercher à sortir de cette dynamique. Force est de constater que les marges de manœuvre des femmes sont bien plus limitées que celles des hommes qui s'octroient généralement toute la légitimité intellectuelle et le pouvoir de décision - ce phénomène est particulièrement flagrant dans les pays machistes et, plus encore, religieux. Dès lors, il ne faut pas s'étonner ou encore moins être choqué si «les femmes développent des outils militants sexués en rapport avec la place qu'on leur attribue» comme le souligne Ophélie Rillon. C'est un moyen pour elles de sortir de leurs rôles de mère nourricière et de femme objet - souvent abusée -, de sortir de la sphère domestique pour aller vers le politique et forcer les hommes non seulement à les écouter mais aussi à les considérer.
Avons-nous déjà oublié les manifestations de femmes seins nus - ou carrément nues - qui ont eu lieu dans de nombreux pays dans les années 60 en Occident lors de la révolution sexuelle et leurs messages sur leur corps? Ces dernières réclamaient leur émancipation sexuelle, et ce, contre l'ordre bourgeois et patriarcal qui les maintenait dans leur cuisine sans mot dire et qui les rendait entièrement dépendantes de leurs maris. Ou encore ces femmes africaines maintes fois dans la rue seins nus au cours de l'histoire? «Parce qu'elles sont indignées, des femmes africaines n'hésitent ni à choquer ni à défier les autorités en exhibant une partie de leur corps. N'est-ce pas l'un des principes-phares des happening organisés par le mouvement des Femen à travers le monde?», comme le rappelle Nadéra Bouazza.
D'autres leur reprocheront de vendre le féminisme comme un produit de consommation - a-t-on reproché à Greenpeace de vendre l'écologie comme un produit de consommation pour subventionner leurs actions? - ou comme le dit la sociologue Tetyana Bureychak, de faire la promotion «de ce contre quoi on combat, lorsqu'elles protestent contre le tourisme sexuel en se déguisant en prostituées». Si le fait de s'exposer de la sorte peut tout à fait être jugé paradoxal, il ne faudrait pas pour autant être de mauvaise foi en détachant leur posture - et leurs seins - du message qui lui est intimement relié et qui enlève définitivement à cette nudité toute ambigüité. Si elles exhibent leurs seins, elles en détournent le sens et le but qu'on leur attribue habituellement: ce n'est pas pour vendre du yaourt, des magazines ou pour promouvoir la pornographie, mais au contraire pour dénoncer sans détour l'utilisation scabreuse que certains hommes font de l'image de la femme, voire, plus immonde, du corps des femmes. Comme le souligne la journaliste Mylène Wascowiski, les Femen sont «parvenues à tourner ce que certains hommes peuvent considérer comme un fantasme à leur avantage».
Qu'on se le dise, la nudité n'est pas qu'une expression d'une sexualité commercialisable, mais également de la simplicité, du naturel, de la liberté et, en ce qui concerne les Femen, de la vulnérabilité physique des femmes face à la violence de certains hommes. Pour Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe, le groupe des Femen produit «un nouveau discours, global», qui «s'inscrit parfaitement dans la tradition féministe» et où «la nudité a plutôt rapport avec la vérité. On dit dévoiler la vérité, en philosophie...».
Enfin, face à ces horreurs commises contre les femmes, réfléchissons un peu et demandons-nous aussi quel symbole autre qu'une paire de seins les Femen auraient pu utiliser pour prôner la pleine réappropriation de leur corps et de leur sexualité dans cette situation: Une fleur? Une colombe rose ou - plus conventionnel - un tablier et une poêle? Certains diront peut-être qu'elles manquent d'imagination... c'est discutable! Une chose est sûre: les Femen sont jeunes, elles jouent plus facilement avec les médias et sont moins perturbées par l'effet paradoxal de l'image que ces derniers véhiculent d'elles que nous pouvons l'être...
Coupables d'êtres belles et minces?
Les fondatrices des Femen sont belles et minces, que peut-on faire contre cela? Auraient-elles dû se fracasser le visage sur un mur, ne surtout pas se maquiller et se gaver de McDonald pendant des mois avant de prendre la parole? Qu'elles utilisent les stéréotypes de beauté pour parvenir à leurs fins, c'est leur moyen d'action, mais ça ne prend que quelques secondes de navigation sur Internet pour constater que les manifestantes de Femen ont différentes silhouettes. Ce que montrent les «journalistes» de leurs manifestations ne correspond pas à la réalité, si les gens se contentent d'avaler les informations des «gros médias machistes» sans prendre le temps de se renseigner correctement, elles n'en sont pas responsables! Avant de leur faire un procès d'intention, a-t-on un seul témoignage de femme qui aurait été exclue des Femen à cause de sa physionomie? Non! Il est certain aussi que les femmes moins complexées par les dictats de la mode soient moins réfractaires à se dénuder que les autres...
Certes, les Femen s'aliènent certaines femmes, mais il faut être courageuse pour faire partie des Femen: assumer les idées de ce mouvement, mais aussi assumer son corps de femme, quel qu'il soit, radicalement (voir photos)! Afin de contredire cette image pour le coup vraiment réductrice de leur mouvement, les Femen ne cessent d'appeler les femmes plus complexées à se libérer de l'image que les hommes attendent d'elles, cela fait partie intégrante de leur message comme le souligne Anna Houtsol, l'une des fondatrices du mouvement : «Il n'y a pas de critère de beauté pour intégrer les Femen. En russe, belle signifie plutôt ''rayonnante'', ''pleine de vie''». Ajoutons qu'elles ne forcent pas non plus toutes les manifestantes ou les supportrices à montrer leurs seins.
De la provocation gratuite et inutile?
Certain(e)s auront l'outrecuidance de dire que les Femen font ce qu'elles font dans l'unique but de faire parler d'elles - par besoin d'attention ou, pire, par plaisir - alors qu'elles risquent leur vie compte tenu des coups qui leurs sont portés lors de leurs manifestations, des séjours en prison ou des épouvantables séances de tortures que certaines d'entre elles ont dû subir, comme en Biélorussie par exemple.
Dernièrement, une pétition pour sauver Amina, la première Femen tunisienne, vient d'être créée. Pour avoir mis une photographie d'elle seins nus sur Facebook, cette jeune femme a été enlevée par sa famille, frappée par son cousin, placée dans un hôpital psychiatrique, fortement médicamentée et demeure depuis séquestrée chez ses parents après sa condamnation à mort par les fanatiques religieux. Voilà à peu près ce qu'il en coûte à ces femmes d'avoir transgressé les lois et les traditions - masculines - qui régissent la nudité et de n'avoir pas respecté «leur» culture.
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D'autres diront qu'elles ne font qu'attiser la haine et qu'elles ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes! Devrais-je rappeler qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que le mouvement des Femen est né de la violence, de celle faite aux femmes. Loin de moi l'idée d'inciter à répondre à la violence par la violence, mais il faut comprendre que dire que ces femmes attisent la haine, c'est accepter implicitement que ce qu'elles font est mal - qu'elles ne disposent pas de leur corps librement - et reconnaître les valeurs et l'autorité des extrémistes religieux, les limites qu'ils imposent souvent violemment aux femmes (comme aux hommes). En d'autres mots, c'est maintenir ces femmes sous le régime de la terreur sous prétexte de ne pas vouloir déranger ces monstres ou de ne pas vouloir les exciter... Irrespectueuses les Femen? Essayez donc de comprendre la notion de respect que partagent ces hommes (et certaines femmes) et vous serez pris d'un vertige mortel! Regardez donc quelques unes des milliers de vidéos de violences faites aux femmes comme celle de Najiba, 22 ans, exécutée car soupçonnée d'adultère en Afghanistan ou encore écoutez les commentaires des femmes de la maison qui cautionnent les actes violents de leurs maris après que l'un d'eux ait coupé le nez de sa femme parce qu'elle ne se comportait pas comme il le désirait.
Les images du Topless Jihad Day des Femen
Qu'est-ce qui est vraiment le plus provocant: les propos de ces hommes qui, en groupe, ont violé cette jeune femme dans un bus en Inde prétextant qu'elle n'était pas assez vêtue ou l'image des seins des Femen qu'elles adressent aux religieux névrosés qui veulent couvrir le désir que génère sur eux le corps d'une belle femme? Les Femen se servent de l'image de leurs seins pour leur rappeler leur bestialité! Il n'y a aucune ambiguïté dans leur message!
Les Femen font-elles de l'ombre aux femmes habillées? Ne soyons pas aveugles, le traitement réservé aux femmes rebelles est le même: que ce soit les Femen aux seins nus qui se font frapper le visage à coup de pieds dans les rues de Paris alors qu'elles s'opposent aux groupes chrétiens d'extrême droite lors de la manifestation contre le mariage gay ou que ce soit ces femmes afghanes voilées qui se font également tabasser et lancer des pierres pour avoir osé manifester en 2009 contre une loi qui «légalise le viol d'une femme par son mari». La vérité, c'est que les médias parlent abondamment des premières et très peu des secondes... Si les actions des Femen peuvent être discutables, elles auront au moins l'avantage de montrer à quel point ces hommes, à la vue de tout le monde et sous les projecteurs des médias, sans aucune gêne, sont de véritables monstres. Il semblerait que la violence contre les femmes - habituellement contenue derrière les murs de leurs maisons - se montre désormais dans les rues. Mais, comme Meriam, les Femen ont la ferme intention de ne pas se plier devant leurs persécuteurs et ne se laisseront pas rattraper par la peur, car la peur, elles la vivent déjà au quotidien : «Je connais les risques d'être une Femen! Je savais qu'en m'engageant, j'aurais des problèmes ! Pour l'instant, je ne reçois que des insultes et des menaces... Vous savez ça ne change pas vraiment de celles qu'on me lançait lorsque j'étais à Kasserine ou à Monastir.»
La situation catastrophique des femmes dans le monde ou l'échec d'un féminisme «conventionnel»
Aurions-nous l'inconscience de dire comme la sociologue ukrainienne Tetyana Bureychak que «cette manière de défiler seins nus est beaucoup plus choquante que les pratiques que les manifestantes sont censées dénoncer»? Vu d'ici, du Québec, où la condition des femmes s'améliore lentement, il est presque «normal» que les actions des Femen soient perçues comme excessives, mais cet «excès» n'en est plus un si on observe la situation des femmes dans le monde qui est littéralement catastrophique comme nous le rappelle une récente enquête de l'ONU: « jusqu'à 70 % des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie. Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. (...) Entre 500 000 et 2 millions de personnes font l'objet de traite tous les ans à des fins de prostitution, de travail forcé, d'esclavage ou de servitude, selon les estimations.
Les femmes et les filles représentent près de 80 % des victimes découvertes
Malgré des avancées certaines, globalement, le féminisme comme la laïcité est en recul constant à travers le monde, les femmes voilées n'ont jamais été aussi nombreuses depuis ces dernières années. Nos gouvernements ressemblent de plus en plus à des parodies de démocratie, pour ne pas dire que certains, comme la Russie, ne sont plus que d'immenses dictatures. Et là où la démocratie recule, les droits des femmes reculent d'abord et plus encore que ceux des hommes. Pas un jour ne passe sans que nous n'apprenions le terrible sort réservé aux femmes : une pauvreté plus accrue que celles des hommes, la prostitution forcée, les mariages forcés et les mutilations, les viols, les lapidations et les meurtres sont autant de «sports» très virils - «d'honneur» nous dit-on - qui se multiplient sans cesse dans le monde.
Le billet de Jean-François Mauger se poursuit après la galerie

Comme dans la plupart des pays d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud où la situation des femmes est alarmante et les féminicides particulièrement inquiétants, comme au Mexique34 000 femmes ont été assassinées pour le seul fait d'être une femme au cours des 25 dernières années.
Comme en Turquie où «sans contradiction possible, les statistiques démontrent que les violences faites aux femmes suivent la même courbe que celle de l'islamisation de la Turquie. Pendant les sept premières années du pouvoir AKP, des assassins, tous du genre masculin, ont tué quatre mille cent quatre-vingt-dix femmes dans le pays. Le nombre de victimes de féminicide se situe, pour l'année 2009, à mille cent vingt-six tuées, tandis qu'il était seulement de soixante-six, il y a neuf ans... Et la courbe n'est pas prête de décliner». Ou encore en Égypte où les femmes n'ont plus le droit de manifester sous peine d'être battues ou violées (voir vidéo).

Comme en Asie où chaque année des centaines de femmes subissent des agressions à l'acide ou au kérosène. Parfois pour simple soupçon d'adultère.
Comme en occident, en France par exemple, berceau des droits de l'homme, où une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son mari...
Bref, la liste des atrocités commises contre les femmes semble aussi insoutenable qu'interminable et couvre TOUTE la planète!
Ces «putes», ces «chiennes» ou ces «femmes maudites»!
Si vous avez encore du temps, faites donc un petit tour sur le site des Femen ou sur leurs pages Facebook pour y lire les milliers de monstruosités écrites par tous ceux et celles pour qui la nudité est exclusivement sale, révoltante, voire satanique! La virulence abjecte des commentaires et la réaction en général aux activités des Femen est un indice certain que les Femen appuient là où ça fait mal. La preuve, comme le souligne les militantes, «que la misogynie, l'homophobie et l'intolérance que nous dénonçons continue d'exister et de sévir, en France, à Kiev, et ailleurs».
Au sein des grandes religions monothéistes, leurs plus hauts représentants n'ont de cesse de prôner l'aliénation de la femme: que ce soit les chefs musulmans extrémistes qui pensent que les hommes ont un droit de vie et de mort sur leurs femmes et qui limitent considérablement leurs libertés (interdiction de conduire, de se dévoiler, de parler à d'autres hommes, de circuler dans certains lieux, etc.), ou que ce soient les catholiques comme le souligne la présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, lorsqu'elle associe au Moyen-Âge et à l'Inquisition les positions de Bergoglio (le nouveau pape François), notamment sur la place des femmes et la contraception. Moyenâgeuses.... comme le sont aussi ses positions sur l'homosexualité qu'il considère comme un «démon infiltré dans les âmes» et sur le mariage gai dont il dit que c'est «le dessein du Démon, responsable du péché en ce monde, qui cherche sournoisement à détruire l'image de Dieu: un homme, une femme, qui reçoivent le mandat de croître, de se multiplier, et de dominer la terre».
Les messages des #MuslimahPride, en réaction aux prises de position des Femen

Enfin, n'en déplaise aux extrémistes religieux, aux nationalistes- isolationnistes culturels, aux machos, aux tartuffes de ce monde ou à Mme Chollet: Femen est désormais un mouvement féministe international implanté dans plus d'une cinquantaine de pays. Elles ont compris, à la différence de certain(e)s, que l'union fait la force. Leurs messages sont universels et transcendent les frontières comme les cultures. Ce n'est pas un complot contre les religieux musulmans, catholiques ou juifs, chacun accusant l'autre de manipuler les Femen contre lui : «Sales cochonnes, même vos hommes ne vous baiseraient pas! Venez ici en Tunisie, nous vous couperons les seins et nous les donnerons à bouffer à nos chiens. Mourez sales putes d'Israël!», ni un complot politique, le KGB accusant la CIA, mais un mouvement destiné à dénoncer ces parodies de démocraties où la plupart des exactions commises contre les femmes demeurent impunies par des gouvernements complaisants, voire valorisées.
Pour combattre ces atrocités, j'ai bien peur que nous ayons besoin de passer par la radicalité des Femen qui permet également d'ouvrir dans les médias un plus grand espace à la parole et au combat féministe. Pour les Femen, c'est un combat de femmes, mais aussi un combat d'hommes.
Nota bene: À toutes ces personnes religieuses qui se sentent insultées par les propos et les actions des Femen, qui réagissent avec violence car elles sentent leurs identités menacées parce que leur culture est religion, que leur religion est toute leur identité, j'aimerai les référer au magnifique livre du libanais Amin Maalouf, «Les identités meurtrières», ou encore à ces mots de Krishnamurti : «Lorsque vous vous dites Indien, musulman, chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi? C'est parce que vous vous séparez du reste de l'humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence».
À voir absolument : «Nos seins, nos armes», un excellent documentaire réalisé par France télévision sur l'origine et les combats des Femen. Avant de critiquer... Observez et écoutez!
Bien souvent piraté et couvert d'insultes... le site des Femen
Avec plus d'une cinquantaine de groupes créés sur Facebook à travers le monde, ce sont des milliers de personnes de tout horizon et de sensibilités différentes qui s'échangent des textes et des paroles féministes, ce qui n'existait pas auparavant :
- Québec
- Canada
- France
- Tunisie
- Maroc
- Espagne
- Inde
Etc...

samedi 20 avril 2013

Les hommes qui lavent le linge ont plus de relations sexuelles que les autres


Männer, die Wäsche waschen, haben mehr Sex

titrait hier "Bild" en énorme et donc je suis tombée à chaque coin de rue sur cette Une qui m'a d'autant plus frappée qu'il y a peu circulait en France un tout autre message.

L'affirmation vient de la nouvelle directrice de Facebook Sheryl Sandberg qui a publié un livre féministe intitulé "Lean in" (Bougez-vous) dans lequel elle dit aussi :
"Je crois que le monde serait meilleur si la moitié de nos entreprises et des pays étaient dirigés par des femmes et la moitié de nos foyers par des hommes".

Malheureusement "Bougez-vous" ce n'est pas aux femmes mais aux hommes dans le sens "Faites-nous de la place bande de voleurs d'espace !" qu'il faut adresser ce message !

Dans la foulée, j'ai cependant découvert un site de masculinistes allemands qui ont pris pour titre "Combien d'égalité hommes/femmes doit encore supporter l'Allemagne?". Si ceux-là critiquent Sheryl Sandberg, alors je lui dis quand même "bravo" car tout féminisme est bon contre ces gens-là, je trouve. Non ?

Facebook COO Sheryl Sandberg. (Justin Sullivan/Getty Images)
(Justin Sullivan/Getty Images)



Sheryl Sandberg
Illustration: Alexander Wells for the Guardian